travail perso
Je travaille «la matière vidéo graphique». L’image en mouvement, la vidéo et toutes les possibilités techniques de ce médium sont venus à moi progressivement.
Les découvertes furent nombreuses au fil de mes années d’études. La mise en place d’un univers lié à l’humain et bien sûr à l’espace, fut pour moi une évidence que j’ai voulu concrétiser en utilisant la vidéo. Le caractère souple mais exigeant de ce médium m’a séduite, il permet des installations qui offrent la possibilité d’un «investissement» du spectateur.
J’ai commencé par un objet qui relie l’homme et ses émotions à une machine. Des mouvements répétitifs, une succession de souffrances et de libérations conduisent à un dérèglement intérieur. L’automate est enfermé dans sa boite, même s’il essaye de fuir de sa condition.
L’automate
2005.Installation vidéo et sonore – projection sur boite métallique 2’26’


Cette vidéo et les recherches que j’ai effectuées par la suite m’ont orientée vers la peinture hollandaise que j’ai cherché à connaître plus précisément. J’ai redécouvert des peintres comme Vermmer, Pietre de Hooch, Samuel Van Hoogstraten et Ter de Borch. La profondeur et l’emboitement des espaces volumétriques, la multiplicité des perspectives et des compartimentages, les tableaux dans le tableau , les jeux de suggestion qui laissent une partie de mystère, sinon une ambiguïté, sont autant de sources d’inspiration pour ces dernières réalisations.
Mon travail s’est donc naturellement orienté vers des vidéos montrant sous différents angles des scènes d’intérieur, où s’exerce une déstructuration de l’espace et du temps.
L’une d’entre elles a été directement inspirée du tableau de Velasquez, «les Ménines». Ce qui m’a fasciné dans ce tableau, c’est la multiplicité des lectures, des jeux de regards, et le fait que
“les ménines est une peinture qui ne se contente pas de montrer, mais qui semble également penser par elle-même.”
Arasse (Daniel).-Histoires de peintures.-Paris,Denoël,2004,p.156.
Les ménines et après
2005. Tryptique – Projection vidéo. 2’16’’
Téléphone
2006. installation vidéo sonore. 3′00″
La vidéo est présentée au spectateur qui s’assied au milieu des éléments du décor qui sont similaires à ceux qu’il trouve dans la séquence.
Sofa
2006. installation vidéo et sonore. Projection correspondant à la taille réelle. 3′10”
Pour assister à cette projection, les spectateurs sont assis sur un canapé.
Dîner
2006 . installation vidéo – projection sur les quatre faces d’un cube à la taille réelle.
Les spectateurs sont placés debout au milieu de l’installation.
J’aime manipuler mes images qui captent des instants empreints d’une certaine banalité.
La forme contemporaine de ces productions s’inspire de la peinture ancienne et d’un certain cinéma intimiste, et cela dans un format entre le court-métrage et l’installation.
Après avoir effectué des repérages de lieux et d’espaces, je conçois une vidéo que je mets en scène comme s’il agissait d’une peinture.
Ma démarche est aussi marquée par les influences d’artistes contemporains: Les diptyques photographiques et les jeux de suggestion et de mystère de Mac Adams; La mise en scène, et la participation du spectateur à la construction de l’histoire où il relie la fiction et réalité de James Coleman; Le travail de Sam Taylor Wood pour ses relations entre les êtres, les jeux de regards et d’attitudes, les variations de rythme des conversations; Celui de Stan Douglas pour ses effets rythmiques, hypnotiques dans une expérience de la durée et de la répétition.
